De la graine à l’assiette

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Nous voici de nouveau réunies pour l’atelier “De la graine à l’assiette”.

Farida, responsable famille du Centre Social Maroc Châtenay-Poètes (MCP) travaille ce thème depuis 6 ans. Aujourd’hui, elle anime cet atelier et nous propose d’expérimenter “les condiments” parce que, dit-elle, il contiennent beaucoup de nutriments.

De plus, l’avantage des condiments, c’est qu’on peut les utiliser n’importe où et quelque soit le type d’habitat : appartement ou maison avec jardin.

Farida, responsable famille au centre social Maroc Châtenay Poêtes

Farida, responsable famille au centre social Maroc Châtenay Poêtes

Le projet du Centre Social est de créer des jardins urbains. Il travaille en collaboration avec les bailleurs qui marient l’art et le jardinage ainsi que :

– les autres Centres Sociaux pour développer ce concept “art et le jardinage”,

– l’Association “Création” : Art et jardins (uniquement sur le quartier des Poètes).

 

 

 

 

A noter qu’un voisin dont la maison est accolée au Centre Social MCP, a dégagé un espace de son terrain en faveur de ce dernier pour pouvoir effectuer des plantations.

terrain entre le centre social et le voisin

terrain entre le centre social et le voisin

Il est bon de souligner que, dans le cadre de ce programme, le Centre Social Germaine Tillion organise ce mois-ci (cette année avril 2018) un stage de quatre matinées de 2 heures intitulé “Au fil des saisons”.

La préparation des semis.*

plantation de semis

plantation de semis

Par petits groupes de quatre, nous choisissons des graines à planter parmi les sachets que Farida à apporter : persil, ciboulette, basilic, thym, aneth, etc.

Chacune d’entre nous remplit un petit pot au deux tiers d’un terreau semi-potager. On y ajoute quelques graines des différents condiments que nous nous répartissons et nous complétons par un peu de terre (saupoudrage sur environ un centimètre). On arrose très peu.

Certaines graines son Bio, d’autres pas. Avant d’utiliser des graines Bio, il faut accepter qu’il y ait beaucoup de perte. Le prix n’est pas non plus le même. A titre d’exemple, les graines de persil les moins chères sont à environ 2.50€ contre des graines Bio à plus de 8€.

La terre doit toujours être légèrement humidifiée. Les graines craignent la pourriture. Il ne faut donc pas trop arroser la terre. Astuce : On utiliser une bouteille de lait en guise “d’arrosoir maison” dont on aura au préalable percé le bouchon.

Enfin, à partir d’avril – mai, on évitera de mettre ces plantations au soleil parce qu’elles risquent de brûler.

La mention “F1″ :

Nous apprenons qu’il est important de vérifier, lors de l’achat de graines, si la mention F1 figure sur les sachets. F1 signifie que les graines sont hybrides et donc non fertiles. Tous les condiments achetés en grandes surfaces sont F1.

En revanche, lorsque les graines de plantes ou de condiments ne sont pas F1, il est possible de les récupérer pour les replanter d’une fois sur l’autre. Cela est économique et surtout écologique. Comme pour les produits périssables, les graines ont une date de péremption.

 

Quelques astuces pratiques et économiques données par Farida

Une boîte d’œufs peut faire office de mini-serre. On place une graine à l’intérieur de chaque coquille d’œuf (aubergine, courgette, tomate) qu’on pourra par la suite mettre en terre. Une seule graine suffit car la plante va vite proliférer. Et ça pousse!

Les coquilles d’œufs sont très riches en calcium et en minéraux. On peut également les broyer et les mettre dans la terre car elles constituent un excellent engrais.

Autre méthode. Le carton du papier toilette en guise de pot à semis :

le carton de papier toilette pour planter des semis

le carton de papier toilette pour planter des semis

En rabattant les extrémités, on peut le transformer en pot. On y place alors la graine puis la terre. Quand la plante a suffisamment poussé, on met le tout (emballage carton compris) dans la terre.

 

 

 

 

 

 

La rotation des cultures :

Farida nous explique qu’il est important de faire une rotation des cultures et de laisser reposer la terre tous les 3 ou 4 ans et replanter différemment.

Exemple classique de rotation :

Ÿ Année 1 – Légumes feuilles : choux, salades (laitues, chicorée, mâche, etc.) épinards

Ÿ Année 2 – Légumes racines : carotte, betterave, navet, radis, pomme de terre, etc.

Ÿ Année 3 – Légumes grains : fèves, haricots, pois ou engrais verts, acéphalie, moutarde, luzerne, vesce (la luzerne et la vesce sont des légumineuses), etc.

Année 4 – Légumes et fruits : tomate, courgette, aubergine, potiron, concombre,cornichon légumes à bulbes : ail, oignon, échalote, etc.

La culture en lasagnes :

Vous vivez sur le caillou ou une terre très ingrate ?  Vous ne disposez que d’une cour bétonnée ?

Alors, il n’y a pas 36 solutions, les lasagnes sont faites poculture en lasagnesur vous!

La culture en lasagnes consiste à déposer directement sur la terre ou le sol un carton humide. On y ajoute des bois et brindilles secs (résidus bruns), alternés avec des résidus verts. Elle se termine par une bonne couche de terreau.

Pour faire des lasagnes, il faut:

- Un carton (d’origine naturelle) et de structure aérée permettra la nidification des vers de terre. De plus, il est lent à se décomposer et complètement dégradable. En fait, il constitue une excellente barrière contre les mauvaises herbes.

- Des matériaux bruns (tout ce qui est sec) : cartons, journaux, papier, paille et foin, feuilles mortes, aiguilles de conifères, orties, fougères ou prêles sèches, marc de fruits (raisin, pomme, poire), terre des pots de fleurs, sciure ou copeaux de bois, litières des animaux, BRF (bois-raméal-fragmenté).

- Des matériaux verts (tout ce qui est frais) : déchets de cuisine, tonte fraîche d’herbe, laine brute, épluchures, mauvaises herbes (ne pas mettre les coriaces : chiendent, potentille rampante et liseron), petits morceaux de taille d’arbustes, marc de café, algues déposées sur la grève, plumes, fougères, orties ou prêles fraîches sans leurs racines, fumier frais, etc.

Remarque : L’engrais vert permet de ne pas travailler la terre. C’est un engrais naturel à mélanger avec du terreau.

La culture en lasagnes est très intéressante. Non seulement le désherbage et le bêchage deviennent inutiles (évite le mal du dos du jardinier) mais en plus, elle est simple à réaliser. De surcroît, la production des plantations est rapide et généreuse…

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Les fraisiers:

Farida nous distribue à chacune un petit plant de fraisier : gariguette ou gento, au choix.

Les fraises se développent en stolons. La gariguette est une des premières fraises à apparaître à la saison des fraises.

Une plante telle que la gariguette a une durée de vie de 5 ans maximum. A partir d’un seul plant, on peut obtenir une quinzaine de pieds de fraises.

Farida nous entraîne ensuite à l’extérieur vers le coin potager du Centre Social MCP dont nous avons parlé auparavant. On y trouve :

  • du murier sans épine
  • de l’ail des ours (très fort et très parfumé)
  • de la chélidoine (plante à verrues)
  • des stolons de fraisiers
  • de l’hibiscus
  • et de la menthe séchée.

Farida est passionnée et intarissable dans le domaine des plantations. Elle a plein d’idées et d’astuces. Aussi, à la fin de cet atelier, nous ayant mis l’eau à la bouche, plusieurs d’entre nous avions envie d’en savoir plus.

Nous : Combien de temps, faut il compter, en moyenne, par jour ou par semaine, si on veut planter soi-même ses légumes ou ses plantes ?

Farida : Cela dépend de la superficie du jardin. De mars à avril, il faut compter environ de 2h à 6h par semaine pour préparer le terrain. Entre mai et juin, l’idéal serait de consacrer un petit quart d’heure tous les jours pour les plantations et l’entretien. Et enfin pour terminer, il s’agit juste de l’entretien auquel sont associés l’arrosage et la récolte.

Nous : Est-ce que ça demande un gros budget de planter soi même ses légumes ?

Farida : Le budget est variable. Si nous faisons nous-mêmes les semis, c’est peu onéreux. En revanche, si on achète les plans, c’est forcément plus cher. Mais entre jardiniers, il est coutume de s’échanger les graines et boutures.

Après l’atelier, nous sommes toutes reparties avec nos semis et mini fraisiers (gariguette ou gento) et plein d’idées dans la tête.

 Merci Farida!

*Le semis est une opération culturale qui consiste à mettre en terre les graines ou semences que ce soit dans un champ ou une surface de petite dimension.